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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 20:44

2

葉の影の

 

中の寝る猫

 

春の朝

Traduction française approximative:
A l'ombre des feuilles
Un chat endormi
Matin de printemps

*****
3

横道/パリ道に

傘の森林

春の雨


Traduction française approximative:
Sur  chemin de traverse/ chemin à Paris
Une forêt de parapluie
Pluie de printemps

*****
4

しゅんこうの

白きシャツ着る

黒ひ人

 

Traduction française approximative:
Lumière printanière
d'une chemise blanche portée
par un homme sombre

*****
5

巣隠れの

小枝散らばる

パリの春

Traduction française approximative:
Le nid caché
Aux brindilles éparpillées
Printemps à Paris

*****

6

白の下

この世薄れば

春の雪

 

Traduction française approximative:
Et si, sous le blanc
Ce monde s'estompait?
Neige de Printemps

*****

7

傘の中

着物の発

パリの春

 

Traduction française approximative:
Sous un parapluie
Apparaît un kimono
Printemps à Paris

*****

8

春星

エッフェル塔に

消されたる

 

Traduction française approximative:

Les Etoiles de printemps
Effacées par
la tour eiffel


*****

9

猫の毛か

このカフェオレで

しゅんこうかな

Traduction française approximative:

Serais-ce un poil de chat

Dans ce café au lait

Lumière au printemps

*****

10

ゆく春や

マルシェの西瓜

売り切れた

Traduction française approximative:
la fin du printemps !
les pastèques du marché
  déjà disparues.

*****

X

こう散

コンクリトに

桜かな

Traduction française approximative:
Ainsi se dispersent
sur le béton
les fleurs de cerisier

Maj/update: 15/07/2009 (n°8)

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Published by Christian - dans Haïku - 俳句 (JP)
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commentaires

chris 06/08/2009 10:56

La composition suivante : 
鳥の巣や小枝散らばるパリの春
 Nid d'oiseau
Aux brindilles éparpillées
Printemps à Paris
a été remplacée par:

巣隠れの小枝散らばるパリの春
 Le nid caché
Aux brindilles éparpillées
Printemps à Paris
A la suite des observations suivantes: de part et d'autre du kireji ya, le sujet serait différent. J'ai essayé de lier les deux.
 

chichin 14/03/2007 12:38

Tu as raison pour "no naka" c'est tout à fait admissible. Mais je cherche comme toi et c'est à partir des textes en japonais, chez les uns et les autres que je me fais une idée de la simplicité ou du contexte. Gambatte... ça me fait plaisir de voir que je ne suis pas seule à me lancer.
amicalement,
=^..^=
PS le livre de Mabesoone, me semble-t-il, est en japonais? Je ne lis pas couramment cette langue.

Christian 14/03/2007 13:20


Je viens de répondre sur ton blog. Nous avons dû nous croiser ^o^. Tu me sembles pourtant bien connaître cette langue. Les livres de Mabesoone sont en japonais. Je ne suis pas non plus un expert de
cette langue, mais cet ouvrage est très intéressant...

A noter également une remarque concernant l'utilisation de la particule déterminante no dans le livre de Jaqueline Pigeot sur le Bungo: elle indique que la "succession de の[no] est très courante dans les poèmes classiques. Elle
estompe les liens logiques" [*].

[*] à propos du vers "kozo no shiwori no michi" du waka suivant "yoshino yama kozo no shiwori no michi kahete mada minu kata no hana wo tadzunen". [p41]

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

[5]
I- Contexte




L’approche du printemps à Paris ravive nos souvenirs de la nature. Des oiseaux presque invisibles commencent à nicher dans la bordée d’arbres du chemin du retour.
Quand soudain, un coup de vent !





鳥の巣や


小枝散らばる


パリの春
II- Composition

Le lecteur de haïku en japonais s’apercevra vite de divergences entre ces textes et la langue apprise à l’école ou dans un manuel. Cela tient au fait que ces textes
utilisent des tournures littéraires assez peu courantes dans le japonais moderne. Une introduction à cette langue « le bungo » est possible grâce au livre de Jacqueline Pigeot
(conseillé par Mabesoone Sempai).


J’ai essayé d’introduire « ya », un de ces « kireji » dont parle neko jita dans son site (en lien sur ce blog. Aller sur la catégorie
haijin/Ryôkan. Encadré tout en bas…). Il me paraît faire partie de ces tournures caractéristiques de la poésie japonaise qui « illuminent » un haïku.


Cette composition doit également beaucoup à un poème d’Issa : 


花ちるや


呑たく水を


遠霞


[6]
I- Contexte




 


Un printemps décidément bien étrange: le 21 mars vient de passer et pourtant il neige: les flocons restent quelque part évanescents et ne font qu'effleurer les toits de Paris ou se loger
dans l'œil du spectateur. (semaine du 19 Mars).





白の下


この世薄れば


春の雪


Ce mois de Mars semble commencer bien plus froid que celui de février...


 


II- Composition


Et si les saisons s'inversaient? Ou malgré la venue du printemps, la neige ne cessait pas de tomber de toute la semaine ? Sous le blanc le monde reste-t-il le même? Il suffirait de peu pour
que la réalité, les perspectives connues, s'estompent... D'où ce haïku assez simple.


 


[7]
I- Contexte




 


A Paris, se dévoilent parfois, comme des apparitions, des femmes en kimono - le plus souvant dans le quartier de l'Opéra Garnier, dit "quartier japonais". Quelles motivations accompagnent
ces dames? Il est possible de penser qu'à l'époque de la nouvelle année, des résidents ou touristes japonais sont venus fêter oshogatsu (fêtes du  nouvel an) à Paris. A une autre époque, les
motivations s'échappent d'elles même pour ne laisser que des suppositions: Pourquoi? Un territoire de fiction...





Elle est proche la frontierre du possible où on se plait à rêver d'une éclosion de fleurs sur kimono, à l'arrivée du printemps, où Paris se fêterait comme au Japon, le jour de la seijin
shiki [1]


 


En route pour un séminaire le vendredi 30/03/2007, au matin. Je traverse la place de la Porte d'Orléan sous la pluie, dans mes pensées. Soudain, une passante voisine relève son parapluie:
une japonaise en kimono en train de manger un croissant.


kasa no naka


kimono no hasshou


paris no haru


Traduction française approximative:
Sous un parapluie
Apparaît un kimono
Printemps à Paris


Il est vrai que le dimanche précédent (25/03/07), j'ai croisé à Opéra deux  japonaises en habits traditionnels..). Des membres de la troupe de kabuki de la famille Ishikawa venue faire
une représentation à Paris (23 au 30 Mars, opéra Bastille et Garnier)?


Dans le champs des possibles, un territoire de fiction.


 


 


 


II- Composition


Une composition classique, facile peut-être. Une des grandes difficultés pour composer en japonais est la connaissance du vocabulaire, qui permet de jouer sur la métrique. Je pensais
d'abord à maboroshi (4) pour apparition avant d'utiliser hasshou (3) à la suite d'une recherche dans le dictionnaire.  Si le terme me semble approprié à ce que je voulais dire ("apparition
(d'un heureux présage)"), certaines nuances peuvent m'échapper.


Quelques problèmes également avec kasa no naka (lit. dans le parapluie). En français on dirait plutôt sous le parapluie.
[1] seijinshiki: fête des jeunes de 20 ans (année de leur majorité). C'est un jour férié où les jeunes
peuvent porter des costûmes traditionnels. A cette occasion, les motifs des kimono des jeunes filles sont dominés par des fleurs.


 


[8]
I- Contexte




 


Mi Avril. Sortir sur le balcon pour faire fuire les orages (intérieurs): une belle nuit de printemps Il fait chaud. Normalement,  une myriade d'étoiles devrait apparaître. Mais nous
sommes à Paris. Quelques spots solitaires nous rappellent leurs présence. De la ville lumière, le phare de la tour eiffel balaie le ciel. Comme pour le nettoyer?


春の星


エッフェル光に


消されたる


Traduction française approximative:
Etoiles de printemps
Effacées par
le rayon de la tour eiffel


 


 


 


II- Composition


Un tour sur le saijiki de Mabesoone m'a permis de vérifier que "haru no hoshi" (étoiles du printemps) avait déjà été utilisé dans un haïku, notamment en premier vers en tant que
kigo.


Dans le deuxième vers, j'ai hésité entre hikari (rayon) et akari (lumière).


Enfin, au dernier vers, j'utilise la conjuguaison "V+taru". Elle est très pratique quand on veut allonger d'un pied un vers.


 


[9]
I- Contexte




 


fin avril début mai: Réveil tardif le week end. Une forte chaleur...Une lumière printamnière extraordinaire illumine la cuisine de cet appartement de la région parisienne. Dans la tasse de
café au lait,  un poil du chat  brille au soleil. Augure de l'été?


猫の毛や


このカフェオレで


しゅんこうかな


Traduction française approximative:
dans ce café au lait
serais-ce un poil de chat
lumière au printemps


 


 


 


 


II- Composition
J'ai utilisé dans ce poème deux kireji (ya et kana). Est-ce possible en japonais? Le dernier vers comporte 6 pieds au lieu de 5 ("ji amari"), c'est à dire: 5/7/6 ...


 


[10]
I- Contexte




 


Par ces temps qui courts, la météorologie est capricieuse. Pendant les quelques jours ensoleillés qui avaient précédé la grisaille actuelle, nous avions décidé qu'une visite au marché
s'imposait. La chaleur s'imposant les melons et les pastèques étaient déjà parties comme des petits pains....


 


yuku haru ya


marché [marushe] no suika


urikireta


Traduction française approximative:
serait-ce la fin du printemps ?
les pastèques du marché
  déjà disparues!


 


 


 


 


II- Composition
A l'origine, je voulais faire un jeu avec les mots uri (traduit en melon par Joan Titus Carmel) et urikire(...) avant de renoncer pour cause de métrique. J'ai opté pour la langue moderne sans
essayer de composer en bungo. Le terme français de "marché" (que beaucoup de japonais comprennent) a été préféré à ichiba. Présence d'un kireji et d'un kigo (tiré du saijiki de Mabesoone) en
premier vers.

 


[X]
I- Contexte




 


La vision de pétales échouées sur le béton à la suite de pluies intenses, un jour de printemps 2006, m'est longtemps restée en mémoire. L'inspiration étant ancienne, je l'ai numérotée sous
X.


 


II- Composition
Dans ce haïku j'ai utilisé chiru (tomber, se disperser)+ ya (un kireji), à l'instar d'un poème d'Issa, et konkuriito (le béton) un mot d'origine moderne.

Il est à noter que les mots transposés en katana des langues étrangères sont souvant assez long et difficiles à placer dans un haïku, même si la langue japonaise moderne a tendance à les
"simplifier" (désolé je ne trouve pas le mot exact) comme sûpâ pour sûpâmâketto (supermarché), à l'instar de "perm" pour "permanence" en français.

La difficile solubilité des mots étrangers dans les haïku japonais est également un thème abordé dans le livre de Mabesoone Laurent, il me semble (nihongo wo mamorou).

------------------------------

La composition n°8, assez maladroite est remplacée:


8


春の星


エッフェル光に
消されたる

  Plusieurs traductions, qu'en pensez vous?


 
Traduction française approximative:

Etoiles de printemps
Effacées par
le rayon de la tour eiffel


Proposée par Neko:


Etoiles de printemps
Effacées par
le faisceau de la tour eiffel


 



chichin 13/03/2007 16:14

Bonjour Christian,
Pour le n2 je mettrai
葉の陰に寝る猫春の朝mais ça ne fait plus 7 syllabes L2. Il faut épurer. Naka fait trop lourd. Issa a écrit un autre haiku
葉がくれの瓜を枕に子猫哉
caché sous les feuillesendormi contre un melonun petit chaton
Tu peux aussi me conseiller pour mon premier haiku en japonais : sumire sur mon blog. Merci.
chichin/neko =^..^=

Christian 13/03/2007 17:11

Bonjour infatigable neko/chichin ^o^Je te remercie pour ton commentaire. Je ne suis pas sûr de pouvoir donner des conseils (encore kôhai...), mais je suis allé avec plaisir voir sumire sur ton blog (il m'avait échappé).La forme "no naka" s'observant dans le haïku d'Issa cité ci-dessus, elle ne me paraît pas interdite, même si j'éviterais de l'utiliser trop souvant dans un écrit "conventionnel". Cette formulation participe également du parti pris exprimé plus tôt, donc elle me convient, même si je suis conscient qu'elle pourrait être "lourde" en japonais (n'étant ni japonais ni au Japon, je n'ai pas vraiment de recul...). A ce titre j'ai découvert dans le livre de Mabesoone un haïku qui me fait penser à cet "enchaînement" que j'aime beaucoup (p84): mizu umi no minato no natsu no mijikakere.

christian 07/03/2007 13:49

Texte déplacé en commentaire:

Contexte:
Composé fin avril 2007, à la suite de l'observation de mon chat à la recherche de l'ombre apportées par les feuilles lors d'un jour de février ensoleillé. Ce mois fut d'ailleurs assez doux pour la saison. Peux-t-on mettre cela sur le compte du réchauffement de la planète? En tout cas, ce comportement me paraissait être l'augure du printemps.
Composition:
1- Je me suis inspiré de la lecture d'un haïku d'Issa, qui utilise la particule no de façon successive afin de déterminer un nom. Cela renforce, pour moi, une impression de connexion entre tous les mots reliés par cette chaîne.[le poème d'Issa en question, traduit par Joan Titus Carmel: 菜の花の中を淺間のけぶり哉: les fleurs de colza envahies par la fumée du mont Asama]
2-  Ma première idée était de traduire cet étonnement de printemps précoce par un dernier vers  "も う春か" (déjà le printemps?) que j'ai trouvé finalement approximatif. Il m'a paru nécessaire, en suivant certains conseils, d'utiliser un saijiki (celui de la page internet de Laurent Mabesoone) pour trouver un kigo approprié. J'ai hésité entre 春の朝 (matin de printemps) et 春あさし(le printemps naissant) pour finir par choisir le premier.
 
PS: une précision pour les débutants en japon: la particule NO sert  notamment de déterminant nominal, c'est à dire à déterminer, qualifier un nom.Ainsi avec hon [livre], ryôri [cuisine], et nihon [japonais], le mot livre est déterminé par les mots précédant la particule no:=> un livre de cuisine => ryôri no hon=> un livre de cuisine japonaise => nihon no ryouri no hon
Il n'existe pas de limite théorique au nombre de mots déterminants (a no b no c no d...).

Christian 12/03/2007 21:29


[3]
I- Contexte:

Sous un ciel virant à l'orage, prendre un chemin détourné pour rentrer. Commencer par la rue de la ceriseraie, qui évoque toujours un peu Tchekov. Tourner à gauche et descendre le royal boulevard Henry IV jusqu'à la place Teilhard de Chardin. Un petit salut pour la garde républicaine en passant.

Envisager de ne faire qu'effleurer le quartier Saint-Paul: Aborder un bout du boulevard Célestin, puis rentrer dans la rue de l'Ave Maria comme en religion et, prolonger par la rue du figuier. Pénétrer dans la rue du prévôt, incroyable goulet d'étranglement absorbant la lumière, pour déboucher sur la place du métro Saint-Paul.

横道/パリ道に
傘の森林
春の雨

Traduction française approximative:

Sur un chemin de traverse/ chemin à Paris
Une forêt de parapluie
Pluie de printemps

II- Composition:
Une hésitation sur le premier vers. Lequel serait le plus adéquat?

[4]
I- Contexte:
Dimanche 4/03/2007 midi à Montrouge, en train de déboucher un Saint-Emillion 2004. Derrière une fenêtre de l'immeuble d'en face, un éclat attire le regard: touché par la lumière de printemps, un homme, aidé par sa femme, enfile une chemise.
II- Composition:
1- Première tentative simplement descriptive:
白いシャツ(5)
を着る黒人(7)
春明り(5)
Chemise blanche
Enfilée par un black
rayon de printemps
Je ne suis pas sur de pouvoir lier sur 2 vers la même phrase (chemise blanche enfilée par un black).

2- Deuxième jet:
- Ici:
しゅんこうの(5)
白いシャツ(5)
を着る黒人(7)
Lumière printanière
d'une chemise blanche
enfilée par un black

- Et là:
しゅんこうの(5)
白い肌着を(7)
着る黒人(6)

Utilisation d'un mot de saison du saijiki de Mabusoone. (shunkô: lumière de printemps). La métrique n'est pas respectée. Essai de remplacer un mot moderne (shatsu), emprunté à l'anglais (shirt) par un mot plus classique (hadagi: sous-vêtement maillot de corps). Cependant, le mot compte trois syllabes. Donc retour au mot précédent.

chemise d'une blancheur printanière

3- Pour le dernier vers:
黒人/くろいひと(4)/(5)
Afin de respecter la métrique, l'idée est changer kokujin par kuroihito dont le sens est, me semble-t-il différent. Le premier mot sera utilisé pour désigner un black, et le deuxième pour une personne sombre. Après tout, l'immeuble est loin et la personne en face ne représente qu'un halo sombre.

4- Version finale:
しゅんこうの
白きシャツ着る
黒ひ人
Première tentative pour utiliser le bungo, cad, la langue littéraire (shiroki, kurohi), mais toujours avec le terme moderne de "shatsu". Le haiku n'est donc peut-être pas très homogène.

Heure - 時間

France - フランス
Japon - 日本