Retourner aux sources de son émerveillement est sans doute un moyen de trouver de nouveau du sens et une motivation dans la composition. Ainsi, quels seraient les haïkus essentiels pour vous? Voici les miens: # - Issa - première rencontre Bien qu'étudiant le japonais depuis quelques temps, la poésie japonaise n'allait pas de soi pour moi jusqu'à la découverte en 2000 d'un poème d'Issa dans une traduction de Joan Titus Carmel: 露の世は
露の世ながら
さりながら
tsuyu no yo ha
tsuyu no yo nagara
sarinagara
Ce monde de rosé
est un monde de rosé
pourtant et pourtant
La fragilité et la beauté. Le haïku porte en lui une résonance particulière (un yoin?) qui parle encore longtemps au coeur même la lecture achevée. #- Mabuson Seigan - première lecture japonaise Découvert par le blog de Paul ailleurs, Mabuson seigan est l'unique français haijin au Japon: cela nous encourage à composer dans cette langue. J'aime son livre sur Issa dans lequel il glisse certaines de ses compositions: 花 の影
今年もわれは
異国人
hana no kage
kotoshi mo warewa
ikoku-jin
L'ombre des fleurs
je suis encore un étranger
cette année
Le sentiment de l'exil, de l'étranger, difficilement définissable se trouve exprimé en peu de mots. C'est admirable. #- Mayuzumi Madoka - des thèmes novateurs Découverte il y a peu, Mayuzumi est mon dernier coup de coeur en matière de haïkus: 風が好き
ひな菊が好き
アナタが好き
kaze ga suki
hinagiku ga suki
anata ga suki
J'aime le vent,
J'aime les pâquerettes,
Je t'aime plus que tout
Parler d'amour avec le haïku.