- La santé de la poésie dans la société française actuelle:
Dans ce blog, je laisse une part importante à la poésie, un domaine qui m'est cher. Pourtant, je m'interroge parfois sur la bonne santé de la poésie dans le monde moderne. Si l'on compare avec la littérature romanesque, force est d'avouer que la poésie se porte moins bien. Les représentants du roman sont en meilleure forme et font la couverture des rentrées littéraires... Un peu comme des rock star de la littérature. Malgré les nombreux cassandres qui se lèvent autour de la mort du livre, le roman reste, quoiqu'on en dise, dynamique. La qualité est au rendez vous et, même si moins de livres se vendent, le média internet montre l'énergie déployée dans le domaine. Ainsi, de nombreux écrivains en herbe exposent leurs oeuvres et rencontrent leurs lecteurs grace à un blog personnel ou une plate forme d'édition et de lecture appliquant le concept du logiciel libre au livre. Quant au domaine poétique, à l'exception des recueils de poètes du passé, sa place a disparue de l'édition classique. La relève ne peut donc venir de là. Quant à internet, à part la planète haiku peut-être, le constat de la qualité m'est personnellement accablant: il n'y a qu'à faire un tour dans les catégories poésies des plates-formes de blog, le résultat n'est pas franchement réjouissant. - Alors quelle est la place de la poésie dans la société?
Concernant l'apprentissage à l'école de la poésie: est-ce ma mémoire ou l'éducation Nationale qui fait défaut, mais, à part Maurice Carème, je n'ai que des réminiscences de poètes classiques. Les standards enseignés sont d'ailleurs ceux qui ont choqué de par leur oeuvre ou leur vie (Baudelaire, Verlaine...).
Ces hommes étaient en contradiction avec l'image que véhicule la poésie actuellement : "le mièvre"(1), sentiment induisant en erreur l'amateur qui se veut poète et croit écrire de la poésie en circonvenant ses thèmes autour , ne peut que tendre à l'installer durablement dans un guetto lénifiant.
Or la poésie est bien plus large: elle peut être engagée, lutter contre les ignorances ou vouloir se faire le témoin de la nature ou d'un instant poétique, sans artifice. Mais elle ne rencontre pas les médias abusés également par cette image du mièvre.
Le poète en tant que tel, n'existe plus. La poésie n'a donc plus qu'à se faire l'accessoire du roman: certains auteurs confessent ainsi écrire de la poésie en passant et peuvent en insérer dans leurs oeuvres, entamant par là une forme de récupération. Pourtant, bien que ces deux disciplines soient proches, ce n'est pas le même métier... - Allez, zou, un petit test:
1- répondez aux questions suivantes: êtes vous capable de citer un auteur de poésie (ayant publié en livre , pas sur un blog hein, ISBN et tout le tralala): a) Moderne? b) vivant ? c) qui se vend? d) Que vous avez acheté? 2- Faites de même avec un auteur de romans.
(1) sentiment mélant chevaux (ou poneys?), petites étoiles dans les yeux (ou les cieux) ...