voyages physiques et immobiles
Ainsi s’achève une première série de haïkus composés en japonais. A l’origine, un seul texte était prévu, comme un coup d’essai afin de mieux cerner ce qu’est un haïku. Les commentaires encourageants de Laurent Mabesonne sur le n°1 et la lecture de son livre m’ont cependant incité à continuer pendant un temps sur cette lancée.
D’autre part, la place qu’il occupe dans le monde du haïku (un haijin français composant en japonais) aide les haikaistes en herbe à se décomplexer et oser composer dans une langue que l’on ne maîtrise pas vraiment.
Quant aux poèmes, leur inspiration s’articule autour d’une idée qui vient en français (ex : une poussée soudaine de parapluie - n°3) et à laquelle une correspondance est cherchée en japonais. A partir de ce moment, va se construire le haïku, composé en japonais. Cette composition demandera un retour fréquent vers les dictionnaires et le saijiki de Laurent Mabesoone, sans être exempte de craintes de contre sens et de nuances mal comprises.
Les compositions en présence sont assez simples et parfois hésitantes (ex : n°2-3). Elles sont inspirées pour partie d'un ouvrage d'Issa. J’ai essayé d’utiliser la langue classique dans certains poèmes (comme les n°4 et 5) mais l’exercice reste difficile. Les kigo de printemps sont les plus « évidents » car la référence à la saison est explicite. Les kireji introduits restent pratiques pour « faire le compte » avec la métrique – mais pas seulement.
La composition en japonais est passionnante : elle nous apprend beaucoup sur le bungo, la portée des kireji, la « pensée-haïku » et les différences qui peuvent exister entre le haïku français et japonais ou encore les écueils de la traduction.